Les banques relèvent presque toutes leurs taux de crédit immobilier d’environ 0,20 point en octobre 2026, selon le Journal de l’Agence.
Cette progression intervient après un mois de septembre déjà marqué par une hausse supérieure à 0,20 point. Elle modifie les repères disponibles pour préparer un financement en 2027, sans permettre d’affirmer que les taux continueront nécessairement à monter. Deux autres paramètres doivent être distingués des taux bancaires : le nouveau seuil de l’usure, applicable depuis le 1er octobre, et un projet de prêt à taux zéro destiné à certains parents, qui doit encore passer l’examen parlementaire.
Des taux plus élevés à mesure que la durée s’allonge
Au début d’octobre, les fourchettes publiées par le Journal de l’Agence font apparaître des écarts selon la durée du prêt. Ces niveaux correspondent aux taux nominaux et ne comprennent pas l’assurance emprunteur.
| Durée du prêt | Fourchette début octobre 2026 |
|---|---|
| 15 ans | 3,60 % à 4,00 % |
| 20 ans | 3,70 % à 4,10 % |
| Plus de 20 ans | 3,90 % à 4,25 % |
La comparaison avec septembre doit rester prudente, car les données ne sont pas présentées sous la même forme. Challenges rapportait alors des taux de 3,50 % sur 15 ans, 3,60 % sur 20 ans et 3,70 % sur 25 ans. En octobre, il s’agit de fourchettes et la dernière catégorie regroupe l’ensemble des durées supérieures à 20 ans. Les deux relevés montrent néanmoins une même séquence de remontée à l’automne.
La durée demeure ainsi un repère déterminant. Son allongement peut réduire la mensualité, mais le taux nominal observé est généralement plus élevé dans les barèmes présentés. Pour examiner les conséquences de ce choix sur un projet, les différences entre taux fixe et taux variable constituent également un point de comparaison utile.
Ces chiffres ne suffisent toutefois pas à déterminer si un dossier sera accepté. Ils n’incluent notamment ni le coût de l’assurance ni les frais susceptibles d’entrer dans le calcul réglementaire. Or c’est ce coût global, exprimé par le taux annuel effectif global, qui doit être confronté au taux d’usure.
Le seuil de 5,40 % porte sur le coût global du crédit
Depuis le 1er octobre 2026, le taux d’usure des crédits immobiliers à taux fixe d’une durée de 20 ans ou plus est passé de 5,29 % à 5,40 % pour le quatrième trimestre. Comme le précise Le Revenu, ce plafond ne correspond pas au seul taux nominal affiché par la banque.

La comparaison réglementaire s’effectue avec le TAEG. Celui-ci peut inclure les intérêts du prêt, les frais de dossier et d’intermédiation, ainsi que l’assurance et les garanties obligatoires lorsqu’elles conditionnent l’obtention du financement. Un crédit proposé à un taux nominal très inférieur à 5,40 % peut donc présenter un TAEG beaucoup plus proche de cette limite.
Le relèvement de 0,11 point peut avoir un effet pour un dossier dont le TAEG dépassait l’ancien seuil de quelques centièmes. Il ne constitue cependant ni une autorisation automatique de prêt ni une baisse de son coût. La banque continue d’examiner le dossier selon ses propres critères, tandis que la remontée parallèle des taux nominaux peut consommer une partie de la marge créée par le nouveau plafond.
Pour préparer un projet, les simulations gagnent donc à faire apparaître séparément le taux nominal, l’assurance, les frais obligatoires et le TAEG final. Cette ventilation permet d’identifier le poste qui rapproche éventuellement le crédit du seuil d’usure, plutôt que de comparer uniquement le taux mis en avant dans une proposition commerciale.
Le PTZ « parentalité » reste une hypothèse budgétaire
Un autre changement pourrait entrer dans les plans de financement en 2027, mais son statut est très différent. Le projet de loi de finances prévoit un PTZ dit « parentalité ». Dans sa rédaction annoncée, il concernerait :
- les ménages qui attendent un enfant ;
- ceux qui ont effectivement à leur charge au moins un enfant de moins de 3 ans ;
- des bénéficiaires respectant les conditions de ressources prévues ;
- y compris certains ménages ayant déjà obtenu un PTZ auparavant ;
- avec une seule utilisation possible par bénéficiaire.
La possibilité d’en bénéficier après un premier PTZ serait la principale particularité de ce dispositif. Elle ne signifierait pas que l’aide deviendrait accessible à tous les ménages. Le public visé resterait lié à l’arrivée ou à la présence d’un jeune enfant, ainsi qu’au respect des conditions de ressources.
Surtout, ce PTZ n’est pas encore en vigueur. Il figure à ce stade dans le projet de loi de finances pour 2027. Son périmètre peut être modifié au cours des débats parlementaires, et la mesure peut aussi être supprimée avant l’adoption définitive du budget.
Un plan de financement préparé à l’automne 2026 ne peut donc pas intégrer cette aide comme une ressource acquise. Les paramètres déjà applicables, taux proposés par les banques, coûts inclus dans le TAEG et plafond d’usure correspondant à la durée choisie, constituent les seuls repères immédiatement mobilisables. Le PTZ « parentalité » ne pourra être chiffré qu’après l’adoption de son cadre définitif et de ses conditions d’application.
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