Seulement 42 % des ventes anciennes en Ariège restent en E, F ou G

Chez les notaires ariégeois, les logements classés A ou B sont très rares, et le diagnostic énergétique pèse déjà sur le budget et le financement des acheteurs.

Frédéric Joly Par Frédéric Joly
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Seulement 42 % des ventes anciennes en Ariège restent en E, F ou G
Deux bâtisses anciennes en pierre, dont une à toit de tuiles rouges, sur une prairie au pied d’une paroi rocheuse.

En bref

  • Les biens classés A ou B restent très rares dans le parc ancien de l’Ariège, selon une notaire.
  • Les ventes classées de A à D progressent, mais une réforme réglementaire a relevé certaines étiquettes.
  • Le DPE et l’audit énergétique pèsent sur le budget, le calcul du financement et les travaux à prévoir.

Acheter en Ariège, c’est entrer dans un parc de logements ancien, où les biens les mieux notés au diagnostic de performance énergétique se comptent en petit nombre. D’après La Dépêche, une part importante de ces habitations demande encore des travaux de rénovation énergétique, ce qui influe sur les projets des acquéreurs.

Les statistiques du notariat fixent les repères. Entre juin 2025 et juin 2026, la proportion de logements anciens vendus classés de A à D a augmenté, mais une part notable des ventes demeure dans les classes les moins performantes.

58 %des logements anciens vendus classés de A à D au 30 juin 2026
53 %pour la même catégorie un an plus tôt
42 %des ventes encore classées E, F ou G
Étiquette Part des ventes
E 19 %
F 12 %
G 11 %

Me Magalie Patino, notaire, déclare : « L’offre de logements classés A ou B n’est pas exceptionnelle ». Elle précise : « Ils sont très rares. Cela va surtout concerner du neuf. Aujourd’hui, le parc immobilier reste quand même un parc à rénover. »

Une amélioration à lire avec prudence

Le gain de cinq points pour les classes A à D n’indique pas forcément une métamorphose du parc. Une modification réglementaire, applicable depuis le 1er janvier 2026, a revalorisé l’étiquette de certains logements, ce qui invite à la réserve devant ce progrès apparent.

D’après Me Patino, cette revalorisation vise principalement les appartements de petite surface, un segment éloigné du centre de gravité du marché ariégeois. Elle met en garde contre l’idée de voir dans cette « légère embellie » un changement réel. À cela s’ajoute une caractéristique locale : le parc ariégeois est ancien, et les notaires soulignent que cette ancienneté, tout comme les travaux énergétiques, compte dans les projets d’achat.

Budget et financement : l’effet pour l’acheteur

Pour un acquéreur, le DPE peut modifier le budget global du projet, et il pèse à la fois sur le financement et sur la décision d’achat. L’audit énergétique figure lui aussi dans l’équation. La notaire indique : « Cela a un impact sur le projet d’achat, sur le calcul du financement et sur les travaux qu’il va falloir prévoir. »

Le marché est déjà ralenti par le crédit et par le coût de la vie, et la qualité énergétique vient s’y greffer comme critère supplémentaire. « Tout cela fait partie de ce qu’il faut anticiper », résume Me Patino.

Le cas de la maison ancienne à cuve à fioul

Pour un bien ancien mal classé, le premier chantier envisagé par les acheteurs touche donc le chauffage, et sa dépense s’inscrit dans le budget global de l’acquisition. Le DPE se lit ainsi comme un paramètre de coût à intégrer avant de se décider, au même titre que le prix affiché.

Photo : Nataliya Vaitkevich / Pexels